Les Heures silencieuses

Un mort. Un vivant. Leur rencontre.

Je m’appelle Florent. J’ai vingt-six ans. On me dit sauvage. Dans le village, on me tolère.

Tout ça, c’était jusqu’au jour où je l’ai vu.

L’homme est mort sous mes yeux.

Alors il me fallait savoir.

Qui il était. Pourquoi ce geste. Quelle vie l’avait conduit jusqu’à cette fin.

Les Heures silencieuses raconte son histoire : sa famille, ses amis, ses amours, son drame et sa force.

Mais c’est aussi celle de Florent, un homme fermé au monde, empêché dans le lien, qui part à la rencontre d’un inconnu et découvre peu à peu les autres, la vie, et quelque chose de lui-même.

Entre enquête intime et voyage initiatique, ce roman explore la culpabilité, les rencontres qui déplacent une existence, les silences familiaux et la manière dont une vie peut en révéler une autre.

Pourquoi j’ai écrit ce roman

Avec Les Heures silencieuses, j’ai voulu écrire un roman sur la culpabilité.

Florent est un homme très fermé, presque retranché en lui-même. Il vit à distance des autres, comme s’il se tenait toujours un peu en dehors du monde.

Un jour, il voit un homme se suicider sous ses yeux.

Et il ne fait rien.

Non par indifférence. Non par cruauté. Mais parce qu’il est sidéré, empêché, figé par son inhibition et par cette difficulté qu’il a depuis toujours à entrer pleinement dans le lien et dans l’action.

C’est cette non-action qui ouvre le roman.

Pris dans la culpabilité, Florent va chercher à comprendre qui était cet homme. Il va enquêter sur sa vie, rencontrer celles et ceux qui l’ont aimé, blessé, accompagné, perdu.

Mais en allant à la rencontre de cet inconnu, c’est aussi lui-même qu’il commence à rencontrer.

Peu à peu, Florent s’ouvre à la vie. Il découvre des histoires, des êtres, des liens, des présences qui vont le déplacer intérieurement.

Ce roman parle de culpabilité, mais aussi de transformation.

De ce qu’une rencontre peut ouvrir en nous, même lorsqu’elle commence par un drame.

Extrait

On se trouve parfois là où il ne faut pas être.

Je commence à peine et je ne suis pas clair. Tout est trouble dans cette histoire. Je sais seulement que je n’aurais pas dû y être, ou que j’aurais dû pouvoir faire comme si je n’y étais pas.

Agir, je n’ai pas pu.

J’ignore pourquoi. C’est peut-être le seul élément que je n’ai pas éclairci.

Agir, je n’ai pas pu.

Je le peux rarement de toute façon.

J’y étais. Voilà. C’est tout ce que j’ai à dire. J’y étais. J’ai vu et je n’ai rien fait pour que ça n’ait pas lieu.

Aujourd’hui, je veux raconter et que tous vous jugiez en connaissance de cause. Je vous offre ici l’histoire et je vous demande de juger des responsabilités.

Je m’appelle Florent, j’ai vingt-six ans. Je vivais à Bécherel quand c’est arrivé. Un petit village breton qui m’a vu naître, un drôle de bourg qui concentre de nombreux bouquinistes, relieurs, calligraphes, artistes en tout genre.

Il y a deux ans, j’y étais, dans l’église, quand c’est arrivé.

Assis, comme toujours, en tailleur dans l’ombre.

Je m’y réfugiais depuis l’enfance, malgré l’interdiction signifiée par une porte fermée et une chaîne installée au pied des escaliers. J’aime les églises et j’aime les cloches. Dois-je dire « j’aimais » ?

Peu importe.

Je ne crois pas en Dieu, enfin je ne sais pas. Peut-être, mais ce n’est pas le sujet.

J’étais dans l’église parce que j’y allais tous les jours depuis que j’ai déserté l’école.

Je m’égare.

J’étais donc dans le clocher, assis dans un coin, face à la cloche. J’aimais voir les cloches s’agiter, le son me percuter.

Je m’installais dans le clocher tous les jours à 7 heures, midi et 19 heures.

J’y étais donc.

Il était midi. Presque midi.

J’entendis des pas. Des pas lourds et lents qui martelaient l’escalier en bois.

Je me cachais. Ou plutôt je me plaquais au mur puis me recroquevillais.

L’endroit était sombre. Je pouvais ne pas être vu.

J’espérais ne pas être vu.

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Les thèmes du roman

  • La culpabilité
  • Le suicide
  • Le silence
  • La rencontre
  • La résilience
  • L’ouverture aux autres
  • Le deuil
  • La transformation intérieure